Arnaud Desplechin, Les Fantômes d'Ismaël Arnaud Desplechin, Les Fantômes d'Ismaël © p. D. R.
Critiques cinéma

Les Fantômes d'Ismaël

Le dernier film en date d'Arnaud Desplechin, Les Fantômes d'Ismaël, est un méli-mélo spatio-temporel, avec force flashes-back.

Par Nicolas Villodre publié le 19 mai 2017

Les deux-trois effets spéciaux du bon vieux temps (ouverture en iris, transparence et plan incliné du compartiment de train) empruntent à des genres ayant fait leurs preuves tout au long de l'histoire du cinéma : espionnage, fantastique, film dans le film, comédie sentimentale, etc… On peut penser à Fantomas, à Sylvie et le fantôme, à Huit et demi ou à Jules et Jim, pour ne prendre que quelques exemples. Bien qu’on soit plus près sans doute ici d’une dramatique télé au comique pas toujours voulu en raison d’une impression plombante d’académisme et d’esthétique Buttes Chaumont. Le jeu appuyé des comédiens, seconds et premiers rôles inclus – si l’on excepte néanmoins Louis Garrel et, dans une certaine mesure, Marion Cotillard – donne un côté théâtral à la mise en scène, ce qui est d’autant plus dommage que les dialogues sont particulièrement soignés et que l’idée de départ – une idée adolescente et récurrente de courts métrages d’étudiants de première année de la Fémis – autorisait toutes les fantaisies.

On n’insistera pas sur les fautes de goût rédhibitoires (trop de gros plans sur les vedettes féminines ; cadrages en contreplongée ; jeu mono-expressif de l’acteur en principe principal consistant surtout à écarquiller les yeux, diction apathique de celui-ci, etc.). Le fantôme est, tout naturellement, et non surnaturellement, pris au sens de fantasme. De fantasme masculin, il va sans dire. Celui du couple à trois. Freud ou son disciple Lacan auraient-ils développé un tel motif de « revenante » qui ne sauraient émouvoir les spectateurs revenus de tout dont nous sommes ?

Nous retiendrons une jolie scène de danse offerte en bonus par Mlle Cotillard sur un tune du dernier Prix Nobel de littérature qui n’eût dû être entrelardée de contrechamps avec sa partenaire de jeu et coupée cut au bout de moins d’une minute.

 

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