pluridisciplinaire

Les expos mars-avril 2017

Les mois indisciplinaires de Mouvement.net


02/03 > 30/04/2017 -DANS TOUTE LA FRANCE

Propositions culturelles à se jeter derrière la cravate

 

 

Par La rédaction de Mouvement | publié le 2 mars 2017

BRIGITTE CORNAND

Dans la forêt, du 4 mars au 17 avril au Crac, Sète

Brigitte Cornand, Dans la forêt p. de l'artiste

L’art du portrait ou comment articuler les dimensions physique, psychique et sociale d’un individu, et ce de manière subjective. Depuis les années 1980, Brigitte Cornand est passée maître en la matière en téléscopant les figures d’autres artistes – non des moindres, (Louise Bourgeois, Annette Messager, Christian Boltanski, Jean-Michel Othoniel…) – son langage vidéographique et ses préoccupations politiques. Il faut savoir s’abandonner aux images qui défilent, comme on dérive en forêt, et fermer parfois les yeux pour en saisir toutes les subtilités. 

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INNLAND

du 10 mars au 6 juin au CCC OD, Tours

Tori Wranes, BOBO, This I can't tell you, p. Eirik Slyngstad

Le Centre de création contemporaine de Tours (CCC) s’agrandit et son acronyme gagne deux lettres : OD pour Olivier Debré. Peintre phare de l’abstraction lyrique, il a légué son fonds historique à l’établissement. Son programme inaugural propose un focus sur la jeune scène norvégienne – qui a été pour le donateur une grande source d’inspiration – à travers les travaux d’une dizaine d’artistes, comme Saman Kamyab, Kamilla Langeland ou encore Lars Laumann.

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4 bonnes raisons…

… d’aller titiller le joystick

  1. Pour rendre hommage à ceux qui se cachent derrière les moustaches de Mario ou le bandana de Solid Snake.
  2. Pour que les vieux jeunes et les jeunes vieux s’échangent enfin leurs jeux, de la Game boy à Call of Duty.
  3. Pour éprouver l’incroyable performance d’Eric Furrer qui détient le high-score de Space Invaders (1 114 020 points).
  4. Pour réunir dans une même pièce les deux points de vue qui se déchirent depuis des années autour de la question : Mais le jeu vidéo, c’est de l’art ?

Game, jusqu’au 27 août à l’Espace fondation EDF, Paris

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TOUS, DES SANGS-MÊLÉS

du 22 avril au 3 septembre au Mac Val, Vitry-Sur-Seine

Pour traiter de la notion d’identité, abondant plus que jamais dans les discours politiques, médiatiques et militants, Julie Crenn et Frank Lamy prennent le parti d’une résistance critique face à l’uniformisation et l’universalité. Ensemble, ils questionnent la place des récits au sein du vortex mémoriel du point de vue de la créolisation. Loin de l’approche documentaire, l’exposition Tous, des sang-mêlés, pensée à la lecture d’auteurs comme Glissant, Butler ou Mbembe, préfère celle de l’expérience singulière à travers une centaine d’œuvres contemporaines, de Morgane Denzler à Kapwani Kiwanga en passant par Karim Ghellouss. 

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CATHERINE RANNOU

L’Agence internationale, Anne, Jean-Philippe et Richard, jusqu’au 9 avril au Frac Nord-Pas-de-Calais, Dunkerque

À la fois artiste et architecte, Catherine Rannou navigue sur le territoire dunkerquois, entre les bâtiments, au cœur de l’habitat, au fil de notes écrites, dessinées, photographiées et filmées. Après avoir posé son regard sans concession sur la Bretagne et du côté de l’Antarctique, elle présente L’Agence internationale, Anne, Jean-Philippe et Richard d’après les prénoms d’architectes, auteurs de constructions clandestines qu’elle confronte aux architectures agréées et aux œuvres de la collection.
 

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JEF GEYS

Le Tour de France 1969 d’Eddy Merckx, du 1er avril au 7 mai aux Bains-douches, Alençon

Photo : Jef Geys

En 1969, Jef Geys, son appareil photo et sa 2CV sont sur le Tour de France. L’artiste belge suit alors, étape par étape, le parcours d’Eddy Merckx jusqu’à sa première victoire sur les Champs-Élysées. En ressort une série de 67 clichés en noir & blanc, témoignage bienveillant du quotidien du sportif et de ses fans, autour d’un exploit qui aura, en Belgique, autant de retentissement que celui réalisé par Neil Armstrong la même année.

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ANE METTE HOL 

Jusqu’au 30 avril à la Kunsthalle de Mulhouse, avec In The Echoes of My Room, la plasticienne norvégienne Ane Mette Hol plonge les spectateurs dans l’univers de la copie. Par le dessin, l’artiste trouble la perception entre matières originales et œuvres reproduites, du mètre ruban au papier kraft

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GO CANNY ! 

jusqu’au 30 avril à la Villa Arson, Nice

Après la répression des mouvements sociaux en France et à la veille des élections présidentielles, une trentaine d’artistes invités à la Villa Arson, dont Julien Prévieux, auteur des Lettres de non-motivation, prient de ne pas jeter l’éponge, le sabotage et la désobéissance civile ont de l’avenir. Chaque nouvel outil de contrôle apporte ses possibilités de détournement et retournement. À bon entendeur !

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TARIK ESSALHI 

Panoptique, du 1er avril au 11 juin au centre d’art Le Lait, Albi

Avec un titre qui claque dans l’air comme le symbole du contrôle absolu, nec plus ultra de l’architecture carcérale, l’exposition de Tarik Essalhi réactive une pensée critique vis-à-vis des structures de domination (en voie d’intériorisation) à travers des esthétiques renaissantes et bibliques. Sculpture ou dessin, le corps en position de victime ou de bourreau reste au centre, ses tensions sublimées par une excellente maîtrise du drapé. Les inquisiteurs et les martyrs d’hier trouvent aisément leurs avatars contemporains.

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jusqu’au 7 mai au Mamco, Genève

Comme par provocation, le Mamco a choisi d’intituler Zeitgeist (l’esprit du temps) son exposition consacrée à la peinture figurative, largement dédaignée par la scène contemporaine. En rassemblant des artistes suisses et internationaux des années 1960 à nos jours – parmi lesquels David Salle, Laura Owens ou Mathis Gasser – le Mamco décrète non seulement la figuration bien vivante mais aussi en grande forme chez la jeune création, notamment avec Greg Parma Smith. Assisterait-on à la fin d’un règne esthétique ?

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TRUCHEMENT 

du 24 mars 3 septembre au Consortium, Dijon

Hans Haacke, Les must de Rembrandt 

Anniversaires en cascade. Dans la foulée du Centre Pompidou, le Consortium de Dijon célèbre lui aussi ses 40 ans et revient, le temps d’une exposition, sur les temps forts de son histoire. Ainsi, 22 ans après la monographie qui lui était consacrée, Frank Stella fait son retour au centre d’art dijonnais avec Polombe, une œuvre monumentale et kaléidoscopique. Aux côtés du maître de l’op art, Charles de Meaux réinstalle son Train fantôme pour une virée fantastique dans les entrailles de Beaubourg entre les œuvres de Maurizio Cattelan, On Kawara ou encore Rodney Graham.

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PEINDRE, DIT-ELLE. CHAPIRE 2 

du 10 mars au 28 mai au musée des Beaux-arts, Dole

Avec son urinoir, le grand gourou (malgré lui) de l’art contemporain n’imaginait peut-être pas que son œuvre définirait des codes : esthétique de la rupture permanente, disparition du geste de l’artiste, de préférence un homme. Le deuxième volet de l’exposition 100% féminine Peindre, dit-elle s’en affranchit. Ne pas se méprendre : la quarantaine d’artistes (ré)invitées, dont Giulia Andreani, Hélène Delprat ou Eva Nielsen sont loin de reproduire les cadres sexuel et esthétique que les femmes et la peinture subissent, au contraire, elle multiplie les horizons.

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LOS ANGELES, UNE FICTION

du 8 mars au 9 juillet au Mac, Lyon

Catherine Opie, Bo from Being and Having, 1991

Catherine OPIE,
Bo fr
om Being and Having
, 1991
Catherine OPIE,
Bo fr
om Being and Having
, 1991
Catherine OPIE,
Bo fr
om Being and Having
, 1991

En 1876, l’histoire de Los Angeles commence avec l’arrivée du chemin de fer qui la connecte au reste du pays. 140 ans plus tard, L. A. a construit son propre mythe en écrivant des histoires pour le reste du monde. C’est ce mythe que le Mac de Lyon décide de détricoter à travers une exposition ambitieuse qui se penche sur la foisonnante mais cependant méconnue scène artistique angelena. Derrière une nouvelle de Charles Bukowski, un scénario de Terrence Malik ou une des œuvres des 118 écrivains et artistes présentés – parmi lesquels Kenneth Anger, John Baldessari et Ed Ruscha – c’est la cité des anges devenue capitale mondiale de la fiction qui se raconte.

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DEBI CORNWALL

Welcome to Camp America, du 17 mars au 14 mai au Centre de la photographie, Genève

Dans le trousseau de clefs qu’a remis le syndic de la Maison blanche au nouveau locataire, figurait toujours celle, toute rouillée, de l’arrière-cour dégueulasse de Guantánamo. Debi Cornwall, avocate en droit civil et artiste documentaire, est partie visiter ce purgatoire et s’est arrêtée à la boutique de souvenirs. Elle en a rapporté des objets surréalistes tel qu’une marinière pour enfant griffée « I love Guantánamo », mais aussi une série de clichés témoignant du quotidien des marines. L’occasion d’apprendre qu’entre deux tortures, les militiares peuvent se détendre sur une aire barbecue prévue à cet effet. 

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HENRIETTE ZÉPHIR 

jusqu’au 30 avril à la Collection de l’art brut, Lausanne

Les dessins d’Henriette Zéphir – ou « guipures » comme les appelait Jean Dubuffet – ne se justifient pas, ils sont. Enchevêtrement tout en courbes de couleurs et de points : son langage dicté par « un guide » invisible est à la fois obscur et évident, à la manière de ces énergies souterraines qui affleurent jusqu’à l’épiderme. La Collection de l’art brut consacre une première rétrospective à cette infatigable interprète.

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LEWIS BALTZ

Sites of Technology, jusqu’au 21 mai au Mac’s, Hornu, Belgique

Quel meilleur endroit pour rendre hommage à Lewis Baltz qu’un ancien site de charbonnage ? L’icône de la photographie conceptuelle a fait des « progrès technoscientifiques » et des modes de vies standardisés, son sujet de prédilection. Réalisée dans les bureaux de France télécom et Toshiba, sa série Sites of Technology saisit un univers hygiéniste où tout comportement humain semble proscrit. C’était au début des années 1990…

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HARD WORK

du 4 mars au 13 avril au centre d’art Dominique Lang, Dudelange, Luxembourg

p. Iris Hutegger

Alors que la notion de travail est sous le feu des projecteurs et à la pointe des scalpels parlementaires, l’exposition Hard Work l’appréhende à la lumière de la création. Dans l’ancien bassin minier de Dudelange, le Centre Dominique Lang interpelle : Quels points communs entre le travail ouvrier et artistique ? Dans les clichés de Vincen Beeckman ou de Iris Hutegger, où se télescopent les cicatrices d’un territoire, dans « l’artisanat industriel » de Floris Hovers ou encore dans les peintures de sang et de charbon de Michaël Matthys, partout, une exhalaison de sueur et d’acharnement plane.

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LE MUSÉE ABSENT 

du 20 avril au 13 août au Wiels, Bruxelles

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Ellen Gallagher, Abu Simbel, 2015

Un flambant musée d’art contemporain sera inauguré en 2019 à Bruxelles, sans grande consultation des  acteurs de la vie culturelle locale. Plutôt que de se répandre en vaine  polémique politique, le Wiels lance le débat de manière artistique avec son exposition anniversaire : que pourrait donc être un musée digne de la capitale européenne ? Pour la première fois, ce centre d’art, plutôt axé sur l’émergence, accueille des célébrités de l’art contemporain (Thomas Hirschhorn, Ann Veronica Janssens). En partenariat avec le Kunstenfestivaldesarts il propose un foisonnant cycle de performances ( Lili Reynaud-Dewar). Et dans un 3e volet, dévoile des propositions plus expé, fidèles à son esprit défricheur.