pluridisciplinaire arts visuels

Les expos juillet-août 2017

Les mois indisciplinaires de Mouvement.net


01/07 > 05/09/2017 -DANS TOUTE LA FRANCE

Propositions culturelles à se jeter derrière la cravate

 
Par La rédaction de Mouvement | publié le 26 juin 2017
Daniel Firman, <i>Black Whole for Whales</i> Daniel Firman, Black Whole for Whales © p. Florent Larronde
 
 
 

UN MONDE IN-TRANQUILLE

du 9 juillet au 15 octobre au Cac, Meymac

Hicham Berrada, Celeste. p. Assaf Shoshan

À écouter les chantres de la Sillicon Valley, l’avenir se lirait dorénavant dans les laboratoires de Google. Et comme toute époque a ses contre-esthétiques, une soixantaine d’artistes s’écarte des imaginaires déterminés par la compétitivité économique et créative. Parmi eux, Thomas Levy-Lasne sonde l’immédiateté contemporaine à travers l’aquarelle, Léa Le Bricomte ouvre aux spiritualités amérindiennes ou tibétaines, pour enrayer, l’espace d’une installation, le progrès à l’Occidentale et sa violence.

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FAITS ALTERNATIFS

jusqu’au 3 septembre au Frac, Angoulême

Lahouari Mohammed Bakir, Homeland. © de l'artiste

À qui profite la version énoncée ? Les représentations qui paraissent aujourd’hui immuables sont-elles erronées ? Voici quelques-unes des questions que porte l’exposition Faits alternatifs. Telle cette sculpture de Fayçal Baghriche d’un bras de cardinal tenant une longue croix, ou la photo de Mohammed Bakir d’un homme sur un rivage brandissant un carton d’auto-stoppeur réclamant « Homeland » : 15 artistes interrogent les histoires, officielles ou intimes, et leurs mises en récit.

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MAITETXU ETCHEVERRIA  

Voyages insulaires, jusqu’au 13 juillet à la galerie Arrêt sur l’image, Bordeaux

Maitetxu Etxeverria, Voyages insulaires. p. D. R.

Immersion dans un endroit où la nature décide encore et où l’humain n’a d’autre choix que de s’adapter aux contraintes des coefficients des marées, qui créent des îles et les enlèvent. Sur cet archipel (abandonné depuis les années 1950) au cœur de l’estuaire de la Gironde, dans le médoc, Maitetxu Etcheverria a photographié des jeunes travailleurs agricoles, souvent nomades, qui habitent ces îles quelques mois par an, pris pendant leur temps libre, au milieu des vignes, des rives et des marécages.

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3 BONNES RAISONS… DE CUEILLIR LE MONDE À ARLES

Mathieu Pernot, Mickael, Arles 2001. p. D. R. 

1. Parce qu’un antidote existe à la saturation d’images jetables et interchangeables. Mathieu Pernot et Samuel Gratacap ouvrent de nouvelles approches documentaires, au long cours, avec de vrais gens qu’on ne voit jamais et qui sont pourtant le fonds de commerce médiatique du moment.

2. Parce que l’aménagement de villes-grandes surfaces en kit à la EuropaCity ne fait pas rêver, les clichés de Joel Meyerowitz font entendre le brouhaha new-yorkais des sixties.

3. Pour partir en Ukraine avec Niels Ackermann et Sébastien Gobert à la recherche des 5 500 statues de Lénine disparues.

Rencontres photographiques, jusqu'au 24 septembre à Arles

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OSCAR MURILLO

Estructuras resonantes, jusqu’au 24 septembre au Jeu de Paume, Paris

 

Faire de son histoire personnelle une œuvre d’art, mégalo mon cher Watson ? Bien au contraire. Oscar Murillo déplie ses gestes quotidiens, ses souvenirs et les récits de ses proches en peintures, sculptures et vidéos à investir. Depuis sa Colombie natale jusqu’à la galerie du Jeu de Paume à Paris en passant par Marrakech. Qu’est-ce qui relie à une communauté ou une mémoire collective ? Qu’est-ce que les pratiques ouvrières de ses proches, employés de l’usine de Colombina, ont à voir avec les improvisations musicales de musiciens bédouins ?

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LE RÊVE DES FORMES

jusqu’au 17 septembre au Palais de Tokyo, Paris

Dora Budor, Sonoro, 2016. Courtesy de l'artiste et de la New Galerie. p. D. R. 

On a beau quadriller les champs de recherche et optimiser le vivant, certains se faufilent toujours à travers les mailles du filet. Comme cette quarantaine d’artistes et scientifiques qui explorent ensemble les potentiels formels des mutations aussi bien élémentaires, organiques et autonomes (Michel Blazy ou Hicham Berrada) qu’induites par l’industrie et ses perversions (SMITH, Juliette Bonneviot). D’autres comme le neuroscientifique Alain Prochiantz et le metteur en scène Jean-François Peyret envisagent un monde débarrassé de l’humain. 

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RESSOURCES HUMAINES

jusqu’au 3 novembre dans le cadre du cycle « Le Travail à l’œuvre », au Frac, Metz

Mierle Ukeles, Touch Sanitation Performance, 1979-80. Collection 49 Nord 6 Est - Frac Lorraine. © R. Feldman Fine Arts, New York. p. Vincent Russo 

L’expression « ressources humaines » renvoie à une matière anonyme, jetable et exploitable, antinomique des egos d’artistes. Pourtant, la sphère artistique n’échappe pas aux logiques de marché et compte aussi ses précarisés. Virginie Jourdain s’inspire des luttes féministes intersectionnelles pour réenvisager son organisation avec Kapwani Kiwanga, Ghada Amer, Noémi McComber… autant d’artistes décidées à exorciser les travailleuses et travailleurs « invisibles », en pleine épidémie de macronite.

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CHEMIN DE FER

Chemin de fer, 2017. © CRP. p. A. Jakab et A. Nison

Titrée Chemin de fer, comme un pont entre la pellicule et l’édition, jusqu’au 13 août, l’exposition orchestrée par Thibaut de Ruyter au Centre régional de la photo de Douchy les Mines s’intéresse à ces artistes qui créent des livres comme des œuvres d’art en soi. Puisant dans les fonds de la bibliothèque du CRP, la proposition réunit des ouvrages du monde entier (avec un focus particulier sur l’édition artistique allemande) et questionne la valeur de l’image et de sa mise en page.

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LEE UFAN

Pressentiment, du 8 juillet au 12 novembre au CCC OD, Tours

Lee Ufan, Relatum – Counterpoint © ADAGP Lee Ufan, Vue de l'exposition Lee Ufan, Le Capitoles, Les Rencontres d'Arles, 2013. Courtesy de l’artiste et de la galerie Kamel Mennour. p. F. Seixas & archives Kamel Mennour

Poser une pierre blanche devant une plaque d’acier noire n’a rien d’anodin : Lee Ufan préfère observer le monde et la manière dont il s’agence pour en jouer plutôt que surenchérir avec de nouvelles formes. Son œuvre réside dans l’acte de choisir un élément préexistant et de le déplacer d’une certaine manière, en fonction des formes et des matières. Le résultat n’importe que dans sa capacité à déclencher une fuite en avant méditative. Ici, l’exigence de production s’incline au profit d’un essentialisme.

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JULIEN BISMUTH

Sibyl, Sybil, jusqu'au 20 août à la Criée, Rennes

Julien Bismuth, Willy Nilly, performance, 2016. p. D. R. 

Julien Bismuth aime disperser ses messages dans le vent, comme les prophéties des antiques sibylles. Une vidéo, des images, des objets, mais aussi des marques et des traces au sol, aux murs, aux fenêtres ou aux portes. Artiste résident à La Criée aux cotés de Félicia Atkinson et Yann Sérandour, il poursuit le cycle ouvert en début d’année par le centre d’art.

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BLACK WHOLE FOR WHALES

de Daniel Firman, jusqu’au dimanche 27 août à la Base sous-marine, Bordeaux

Daniel Firman, Black Whole for Whales. p. Florent larronde

Trois œuvres monumentales installées dans autant d’espaces d’une immense base sous-marine : le plasticien Daniel Firman déploie son univers avec Suspended Chord – chorégraphie d’un éléphant mélancolique – ; une œuvre faite de néons, jouant avec la lumière si particulière du sud-ouest – Something Strange Happened Here – et une installation sonore, Black Whole for Whales, où le chant des baleines résonne avec les eaux noires des bassins.

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SIMONE FATTAL

L’Homme qui fera pousser un arbre nouveau, jusqu’au 19 septembre au Musée de Rochechouart

Simone Fattal, Turtle, 2016. Courtesy de l'artiste et de la galerie kaufmann repetto p. A. Rossetti

À ses qualités de peintre, éditrice et sculptrice, on pourrait ajouter à Simone Fattal celles d’archéologue et de conteuse. L’artiste d’origine libanaise n’a de cesse de rechercher l’homme debout, malgré la guerre et l’exil. Ses œuvres composent une fresque à dimensions variables depuis L’Épopée de Gilgamesh, l’une des premières œuvres littéraires de l’humanité, jusqu’à trouver peut-être L’Homme qui fera pousser un arbre nouveau.

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CO-MUTATIONS

du 2 juillet au 3 septembre dans la Vallée du Lot

 

p. D. R. 

Le développement technologique accroît les inégalités entre zones urbaines et rurales tandis que la décentralisation culturelle à la française rame toujours. Co-mutations investit ces failles en invitant une dizaine d’artistes à détourner des outils numériques de pointe. Quentin Destieu fait du « maraboutage digital » ; Sylvain Huguet mélange nature et QR code et Luce Moreau collabore avec les abeilles pour réaliser des architectures utopiques. Le « progrès » est peut-être à chercher auprès des « laissés pour compte » de l’organisation socio-politique actuelle.

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PAYSAGES RÊVÉS

jusqu'au 9 août au Couvent des Minimes, Blaye

Patxi Bergé, Sans titre (Pont du diable), © et p. de l'artiste

Le long de l’estuaire de la Gironde, à Blaye, le Frac Aquitaine sort l’art du musée et invite à savourer son Paysage rêvé dans le Couvent des Minimes. L’exposition/promenade invite à découvrir, entre autres, les sculptures de Roxane Borujerdi, les photos de Pauline Bastard, la carte routière inversée de Nicolas Milhé, les entrelacs de végétaux de Marinette Cueco… Quand la voix des artistes se mêle à celle de la nature, dans le paysage unique de la citadelle de Blaye.

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L’ÉTÉ PHOTOGRAPHIQUE

du 15 juillet au 24 septembre à Lectoure

 

Filmée en noir et blanc, l’installation Staging silence (2) invite à contempler des paysages miniatures, tout droits sortis de la tête de Hans Op de Beeck ; les clichés de Josef Sudek, résonnent comme des clins d’œil aux surréalistes ; dans la cabane en bois de Stéphane Thidet ( Sans titre ( Le Refuge ) ), la pluie tombe sans discontinuer, troublant les visiteurs par l’impossibilité du repli intime qu’elle inspire… Dans la chaleur gersoise, au cœur des petites rues et du patrimoine de Lectoure, le festival de photographie déploie ses clichés les plus forts.

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A DIFFERENT WAY TO MOVE

jusqu’au 17 septembre au Carré d’art, Nîmes

Robert Morris, Wall Hanging, 1971-73. © et p. Centre Pompidou, MNAM-CCI/Béatrice Hatala/Dist. RMN-GP. ADAGP, Paris, 2017

En pleine guerre du Viêtnam, chorégraphes, compositeurs et plasticiens abandonnent la surenchère pop et expressionniste au profit du dépouillement formel. Steve Paxton s’attache à la marche, Yvonne Rainer à la course, Lucinda Childs à la déambulation. Donald Judd explose les carcans des supports classiques, Robert Morris déconstruit les corps par la performance tandis que Philip Glass déverrouille la musique par la répétition. Fondamentalement transdisciplinaire, le minimalisme invente des langages propres à défier une lecture imposée du monde.

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NEIL BELOUFA

Développement durable, jusqu’au 22 octobre au Mrac, Sérignan

On nous avait prévenu dès l’enfance : pour attirer leurs proies, les grands méchants loups se parent des plus beaux costumes. Pourtant, dans la jungle des labels, des punchlines, des spectacles artistiques, médiatiques et politiques, un lobby pétrolier peut aisément se faire passer pour un protecteur de l’environnement. Qui maîtrise une stratégie marketing gouverne et Neil Beloufa n’entend pas se laisser croquer. En jouant sur un culte de « l’innovation » décadent, ses installations condensent la faculté du capitalisme à se nourrir de toute les contestations. Au Mrac, l’artiste s’attaque au très tendance « développement durable ».

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CHARWEI TSAI

Water Moon, jusqu’au 13 août à l’IAC, Villeurbanne

 

Préférer le concept d’impermanence à celui de néant, le cycle à la linéarité, c’est aussi replacer l’existence humaine dans une continuité sourde et invisible. L’artiste taiwanaise Charwei Tsai scrute les secrets du vide, à la fois transcendantal et élémentaire, à travers les textes fondateurs du bouddhisme. Ses installations, vidéos, dessins et performances jouent avec les ombres et les tracés pour fusionner nature et culture, matérialité et spiritualité, extérieur et intérieur, début et fin. Son œuvre paraît contenir un antidote à des angoisses engraissées par la consommation.

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LE PARTAGE DES EAUX

à partir du 8 juillet en Ardèche

 

Le Partage des eaux, c’est cette limite invisible qui divise un territoire en deux bassins versants. Et c’est ainsi, en haut d’une crête des Monts d’Ardèche, le long du GR7. Là, les eaux fluviales choisissent leurs routes, vers l’Atlantique ou vers la Méditerranée. Un parcours d’art contemporain à ciel ouvert rendra désormais visible cet invisible. Entres autres artistes, Stéphane Thidet, Olivier Leroi, Félice Varini, Gloria Friedmann et Huang Yong Ping, nous guideront de Chauvet vers d’imprenables hauteurs. Avec David Moinard (ex-Estuaire & Voyage à Nantes) à la direction artistique, on donne trois M à cette mise en partage.  

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FROM CONCRETE TO LIQUID

jusqu’au 27 août au Centre d’art contemporain de Genève

Et si le mystérieux « covfefe » de Trump n’avait pas été une erreur de tweet mais un exercice d’Internet-poetry à dimension oulipiste en 140 caractères ? Sans aller jusque-là, c’est bien le rapport qu’entretient l’acte poétique avec Internet que cherche à questionner le Centre d’art contemporain de Genève, à travers une exposition en deux étages : le premier consacré aux pionniers de la poésie concrète et le deuxième investi par Karl Holmqvist et le duo italien Invernomuto, oú il sera question de spoken-word, de Ben Patterson à PNL.

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ANNA ZEMANKOVA

jusqu’au 26 novembre à la Collection de l’art brut, Lausanne

Anna Zemánková, Sans titre, fin des années 1960. Stylo à bille, crayon de couleur et gaufrage sur papier. p. Collection de l’Art Brut, Lausanne

Certaines fleurs n’éclosent que dans la nuit d’Anna Zemánková. Ses pastels, encres et crayons de couleurs sur papier perforé, gaufré ou brodé deviennent un rempart contre la maladie et la violence politique de la Tchécoslovaquie post Seconde Guerre mondiale. Les quelques 130 dessins exposés, en majorité pour la première fois, révèlent l’étrangeté de la faune, de la flore ou des minéraux perçus par cette artiste médium.

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LATIN AMERICAN CARTOGRAPHIES

Du foot militaire au Salvador, un architecte belge à Medellín dans les années 1920, ville nouvelle au Brésil… À Bruxelles, jusqu’au 6 août, le Palais des beaux-arts Bozar invite l’exposition Latin American Cartographies qui compose un laboratoire visuel multiple, traduisant les problématiques poétiques, sociales et environnementales de l’Amérique du Sud contemporaine.