pluridisciplinaire

L'agenda du 20 au 26 mars

La semaine indisciplinaire de Mouvement.net


01/03 > 31/03/2017 -DANS TOUTE LA FRANCE

Propositions culturelles à se jeter derrière la cravate

Par La rédaction de Mouvement | publié le 1 mars 2017
<i>Tristesses</i> de Anne-Cécile Vandalem Tristesses de Anne-Cécile Vandalem © p. Phile Deprez

 

 

SIDÉRATION

du 24 au 26 mars au Cnes, Paris

Mêler la création artistique à l’univers spatial, voilà la mission que Sidération mène comme un laboratoire d’idées. Plongé cette année dans la notion d’utopie, il donne à voir la danseuse Jeanne Morel dont le corps, en impesanteur et capté sous toutes les coutures, livre une matière artistique d’un genre nouveau (Hors-lieu, la danse des données en zéro-gravité) ; le Télescope intérieur d’Eduardo Kac, réalisé par le spationaute Thomas Pesquet lors d’une mission, questionne l’écriture dans l’espace et Nicolas Montgermont, avec Axis Mundi, modélise des ondes électromagnétiques à l’échelle interplanétaire.

------------------------------------------------------------------------

 

 

Six ans après l'avoir entrepris, Wajdi Mouawad conclut son pharaonique « Projet Sophocle » au théâtre de la Colline, dont il a pris la direction l’année dernière. Les Larmes d’Œdipe signe le retour du roi déchu de Thèbes à Athènes. Notre Athènes. Celle que la mort d’un jeune garçon, au seuil de la crise financière, embrassa de colère et de révolte en 2008. Du 23 mars au 2 avril.

------------------------------------------------------------------------

 

360DEGRÉS

du 21 au 30 mars à la Passerelle, Saint-Brieuc

 

 

Dressant la cartographie non-exhaustive de nos frontières sensibles, la scène briochine sonde les contours de nos massifs intimes et sociaux, singuliers et collectifs. Au carrefour de la danse, du cinéma et de la marionnette, Ali Moini et SéVA arpentent les dédales du Sujet, Lenio Kaklea et Camille Mutel croquent nos mascarades ordinaires à poing levé, pendant qu'un peu plus loin, Bouchra Ouizguen, Mylène Benoit et Arthur Perole convoquent les traditions, rock ou berbère, et rappellent la danse à son essence collective. De quoi retrouver le sens commun !

------------------------------------------------------------------------

 

COMME UNE PIERRE QUI…

de Marie Rémond et Sébastien Pouderoux, les 21 et 22 mars au Théâtre de Bayonne

 « "Like a Rolling Stone", bah en gros c’est une montée, une descente. Do ré mi fa sol. Et le refrain c’est tout con, c’est genre "La Bamba". » Avec Comme une pierre qui… Marie Rémond et Sébastien Pouderoux s’emparent du texte de Greil Marcus pour rejouer cette journée de juin 1965 qui a vu éclore le chef d’œuvre de Bob Dylan. Sur un plateau devenu studio d’enregistrement, c’est moins le mythe de la rockstar qui est interrogé que les affres et les miracles de la création collective.

------------------------------------------------------------------------

 

IN SPITE OF WISHING AND WANTING

de Wim Vandekeybus, les 21 et 22 mars à la Comédie, Clermont-Ferrand

 

 

On appréciera toujours la virtuosité des danseurs de Wim Vandekeybus et la force émotionnelle qui habite ses pièces à la dramaturgie fragmentée. Créée en 1999 et inspirée par l’œuvre de Julio Cortázar, In Spite of Wishing and Wanting, invite à explorer le désir. Et s’il est violent et indomptable, c’est encore mieux. Dix hommes pour une épopée en forme de rêve, dix danseurs qui semblent défier les lois de l’apesanteur.

------------------------------------------------------------------------

 

Ambiance glaçante sur une petite île du Nord de l’Europe où quelques habitants ont survécu à la fermeture de la seule usine. Un suicide se révèle peu à peu être un assassinat. S’agit-il vraiment de simples querelles de famille et de voisinage ou d’un geste politique ? Tristesses de Anne-Cécile Vandalem, les 21 et 22 mars à Bonlieu, Annecy.

------------------------------------------------------------------------

 

4 bonnes raisons de CIRCULER SANS DEMANDER L’AUTORISATION

 

1. Pour aller jusqu’aux limites de l’art et du représentable : Milo Rau crée Les 120 journées de Sodome d’après Salò de Pasolini.

2. Car quand Nadia Lauro et Antonija Livingstone cassent le 4e mur, c’est pour vous masser tendrement les oreilles et vous inviter à rendre la pareille à votre voisin (Études hérétiques 1-7).

3. Parce qu’on ne demande pas non plus l’autorisation de repartir en enfance (Moto-Cross de Maud Le Pladec) ou de Se sentir vivant (Yasmine Hugonnet).

4. Parce qu’après avoir assisté à De la démocratie en Amérique de Romeo Castellucci, on ne pourra de toute façon plus parler.

 

Programme commun « Libre circulation », du 23 mars au 2 avril au Théâtre Vidy, Lausanne

------------------------------------------------------------------------

 

3 bonnes raisons de NE PAS NÉGLIGER LES PETITES CHOSES (DE LA VIE)

1. Parce que dans l’infra-mince naissent les fantômes, pour le plus grand plaisir d’Étienne Saglio.

2. Parce qu’avec une simple paire de ciseaux, on peut faire beaucoup : couper court à une histoire ou l’art en deux (To Cut a Long Story Short de Transquinquennal).

3. Parce qu’il suffit d’un corps pour faire de la magie (Clément Debailleul & Raphaël Navarro).

 

XS, du 23 au 25 mars au Théâtre national, Bruxelles

 

------------------------------------------------------------------------

ET ENCORE

------------------------------------------------------------------------

 

SPRING

du 9 mars au 14 avril en Normandie

Qu'il s'agisse des échafaudages méta-spatiaux de Johann Le Guillerm ou du mobilier cérébral que la cie. Anomalie &... a rassemblé dans la petite chambre noire, le nouveau cirque investit l'espace contemporain, toujours plus déterminé à se fixer sur le devant de la scène. Lucide et souvent critique – à l'image du politiquement clownesque Funny Birds de la cie. La rive ultérieure, ou encore du Diktat libérateur de Sandrine Juglair – le cirque s'hybride et se renouvelle à vue, porté par une scène normande qui ne cesse d'affirmer son soutien à la création circassienne.

------------------------------------------------------------------------

 

BIENNALE DU VAL-DE-MARNE 

du 1er mars au 1er avril à la Briqueterie, Vitry-sur-Seine

 

Quand nos centrales nucléaires deviennent menaçantes, il est peut-être temps d’interroger la notion d’énergie. C’est ce que propose Anne Collod avec une déambulation dans les méandres de la Régie de chauffage urbain de Fontenay-sous-Bois. Maître de la décomposition alimentaire, l’artiste Michel Blazy et le chorégraphe Chris Haring nous invitent à dîner. Deep Dish fait de la table une jungle qui s’explore en caméra embarquée. Vous reprendrez bien un peu de dessert ? Dans Jérôme Bosch : Le Jardin des délices, Marie Chouinard s’attaque à l’univers tempétueux du peintre des âmes torturées à la religiosité exacerbée. Faites aussi sourire vos oreilles et vos yeux avec la création des frères Ben Aïm et Ibrahim Maalouf.

------------------------------------------------------------------------

 

INCANDESCENCES

du 3 au 30 mars à Paris, Saint-Ouen, Pantin, Montreuil et Bagnolet 

 

Impulsé par l’association Danse dense et les six lieux qui l’accueillent, le festival d’émergence chorégraphique Incandescences donne à voir, pour sa 31e édition, le paysage de la jeune création en 16 pièces de danse. Eva Assayas & Ariane Derain explorent la part d’obscurité des corps et des combats intérieurs (Obscur à soi-même) ; avec Bruisse, Mariam Faquir donne à voir les insurrections intimes et Djino Alolo Sabin & Christina Towle rejouent un combat de Mohammed Ali avec Debout-Se relever.

------------------------------------------------------------------------

 

IN EXTREMIS 

du 4 au 31 mars au Théâtre Garonne, Toulouse

 

Ovnis scéniques à prévoir. Pour la 17édition du festival In Extremis, Vlatka Horvat ouvre Le 15e congrès extraordinaire (nom du congrès du Parti communiste yougoslave qui n’aura jamais lieu, le pays s’étant disloqué face à la montée des nationalismes). L’artiste croate convie à la table des négociations des Toulousaines volontaires, toutes originaires d’ex-Yougoslavie, pour une réécriture intime et collective de la grande histoire. De leur côté, Antonija Livingstone et Nadia Lauro brisent la frontière scène-salle pour prendre soin de vous, corps et âme, tandis que Simone Aughterlony et Jorge León appellent à défier le pouvoir policier (Uni*Form).

------------------------------------------------------------------------

 

BIENNALE INTERNATIONALE DU DESIGN 

du 9 mars au 9 avril à Saint-Étienne 

La 10e grand-messe stéphanoise du design, cette pratique à la croisée des arts et de l’industrie, se faufile dans les rouages des mutations du travail. Il était temps, Saint-Étienne ayant perdu le titre de capitale industrielle au profit de capitale du design. Les « cols blancs créatifs » investissent dorénavant les ateliers ouvriers (T&P Work Unit) quand d’autres envisagent de tuer le travail pour enfin renouer avec un rythme biologique (Stéphane Dégoutin, Gwenola Wagon, Thomas Thwaites). Et si le travail meurt bouffé par le capital ? Le projet Extravaillances ≠ Working dead imagine des syndicats de robots en cas de crise.

------------------------------------------------------------------------

 

+ DE DANSE 

du 2 mars au 1er avril à Marseille 

Pour ouvrir son festival, Michel Kelemenis ressort ses cahiers d’artiste avec Collector, une création anniversaire qui brosse pas moins de 30 ans de carrière. Avec WOMANhouse d’Andreas Constantinou, la moquerie devient une arme contre les comportements belliqueux des mâles. Tempérament bien trempé et danse décidée, Patricia Apergi navigue dans le chaos d’Athènes et d’une génération sacrifiée. À l’heure de l’état d’urgence, la jeune chorégraphe Simonne Rizzo n’hésite pas à remettre le pouvoir absolu du roi Louis Pi / XIV sur le tapis.

------------------------------------------------------------------------

 

FESTIVAL INTERNATIONAL DE FILMS DE FEMMES

CINÉMA DU RÉEL 

du 10 au 19 mars, à Créteil et Paris

du 24 mars au 2 avril au Centre Pompidou, Paris 

Un film réussit le test de Bechdel si les trois affirmations suivantes sont réunies : 1. On peut identifier au moins deux personnages féminins, qui portent un nom. 2. Elles parlent ensemble. 3. Elles parlent d'autre chose que d'un personnage masculin. Peu réussissent le test mais depuis 39 ans, on trouve à Créteil un panorama des films de et avec des femmes qui tentent de rompre avec les stéréotypes.
Au Centre Pompidou, le festival Cinéma du réel signe lui aussi sa 39e bougie avec une riche programmation documentaire qui propose (entre autres) un focus sur l’œuvre de la réalisatrice, auteure et journaliste thaïlandaise Ing K.

------------------------------------------------------------------------

 

3 bonnes raisons de CAMPER AU CENTQUATRE 

 

 

1. Parce que c’est là que tout a commencé. Il y a deux ans, Radhouane El Meddeb y organisait des castings pour trouver les interprètes d’Heroes, prélude. Il revient avec une version longue, toute aussi flashy et énergisante.

2. Puisqu’il faut prendre son temps pour comprendre la profondeur esthétique et politique du voguing capturée par Frédéric Nauczyciel dans son installation The Fire Flies.

3. Pour se faire hypnotiser par Alessandro Sciarroni qui explore le mouvement giratoire de la toupie dans sa nouvelle création (Chroma_Don’t Be Frightened of Turning The Page).

 

Séquence danse, du 14 mars au 9 avril au Centquatre, Paris

------------------------------------------------------------------------

 

ÉTRANGE CARGO

du 14 mars au 9 avril à la Ménagerie de verre, Paris

À bord d’un étrange cargo, laissons-nous envahir par La Beauté contemporaine de la langue de Proust lue et remixée à la sauce Yves-Nöel Genod. Restez branchés pour assister à la pièce DIY de Giuseppe Chico et Barbara Matijevic (I’ve Never Done This Before). Et parce que c’est le 20anniversaire du festival, déballons Group Show de Galerie (Adriano Wilfert Jensen et Simon Asencio), espace de vente d’œuvres immatérielles.

------------------------------------------------------------------------

 

3 bonnes raisons de RÉSONNER À PAU

 

 

1. Pour revoir son langage. Dans le ballet dada de Daniel Linehan, dbddbb, les gesticulations prennent le relais des onomatopées. Joris Lacoste compose la Suite n° 2 de son Encyclopédie de la parole, de la plus quotidienne à la plus politique.

2. Pour sonder le trouble enfoui en chacun de nous. Avec Ha ! Bouchra Ouizguen s’inspire du chant poétique de Djalāl ad-Dīn Muhammad Balkhi et fouille ce qui dans le corps et les mots relève de la folie.

3. Pour frissonner. Avec We’re Pretty Fuckin’ Far from Okay, Lisbeth Gruwez, immerge le spectateur dans la peur. Transpiration, agitation, accélération du pouls… jusqu’à la transe.

 

Résonance(s), du 16 au 31 mars à Pau et alentours

 

------------------------------------------------------------------------

C'EST BIENTÔT LA FIN

------------------------------------------------------------------------

RADHOUANE EL MEDDEB 

À mon père, une première danse et un dernier baiser, les 14 et 15 mars ; Heroes, du 29 au 31 mars À Pôle Sud, Strasbourg

Double actualité alsacienne pour Radhouane El Meddeb. Il sublime l’absence de son père récemment disparu, en un solo tout en retenue, interprété quasiment intégralement dos au public. Quelques jours plus tard, il présente la forme longue de sa pièce collective Heroes : une tentative de syncrétisme « full energy » des différents langages des danses urbaines et contemporaines. 

------------------------------------------------------------------------

3 bonnes raisons de S'EFFEUILLER SOUS LES BOURGEONS

 

1. Bousculé.e.s dans nos pantoufles par les chorégraphies incisives d'Hillel Kogan (We Love Arabs) et Claire Dessimoz (Du bist was du holst), penser à s'aérer.

2. Bien échauffé.e.s, poursuivre l'entreprise avec Pere Faura et son Striptease, petite mise à nu de nos mécanismes d'attente et de désir, à la scène comme à la ville. Sans rougir ni faillir, passer à Moto-Cross de Maud Le Pladec, pour un rodéo pop introspectif et autrement intimiste.

3. Faire (enfin) tomber la doudoune et filer presto célébrer la diversité des amours et de celles et ceux qui les vivent : eh, c'est la (véritable) Fête du slip !

 

Les Printemps de Sévelin, du 4 au 26 mars au Théâtre Sévelin 36, Lausanne