pluridisciplinaire

L'agenda du 16 au 22 octobre

La semaine indiciplinaire de Mouvement.net


01/09 > 31/10/2017 -DANS TOUTE LA FRANCE

Propositions culturelles à se jeter derrière la cravate

Par La rédaction de Mouvement | publié le 26 sept. 2017

 

 

 

ZONE D'OCCUPATION ARTISTIQUE 

du 21 octobre au 4 novembre à Paris

La Zone d’occupation artistique se redéploie sur la rive droite de la capitale. Du théâtre de la Reine blanche à la Générale en passant par le Point éphémère, cette sixième édition s’ouvre avec le cabaret joyeusement iconoclaste de Gurshad Shaeman qui recrée l’espace d’une soirée Le jardin des délices. Alors que le chorégraphe et compositeur Aurélien Richard fait endurer à la danseuse Mié Coquempot les 9 cercles de son Enfer créatif, Enora Rivière présente son mystérieux Moteur#1, « rencontre silencieuse entre un danseur et un spectateur ».  Une cuvée 2017 qui s’achèvera avec un bal participatif « sur roues », où personnes valides et spectateurs à mobilité réduite sont invités à danser sur d’étranges sièges à roulettes. 

 

LAUSANNE UNDERGROUND FILM FESTIVAL

du 18 au 22 octobre à Lausanne

Tremblez citoyens du canton de Vaud, le Luff revient agiter les respectueuses ondes du lac Léman avec des vibes undergrounds plus énervées que jamais. Pour la musique, Sete Star Sept, dignes rejetons de la scène grindcore tokyoïte partageront l’affiche avec le post-punk hérétique de l’italienne Maria Violenza et le stoner poétique des Brestoises d’Avenir. Côté film, un hommage au nécro-réalisme, courant dissident du cinéma soviétique et une intervention de Hisayasu Satō, réalisateur phare de l’érotisme gore nippon, qui présentera une sélection d’œuvres inédites en Europe.

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4 bonnes raisons… DE METTRE LES WARNING

1. Au cœur de cette édition de Sens interdits, le théâtre nous éclaire, qu’il soit dialogue ou réconciliation. Mémoires, identités, résistances se conjuguent au pluriel. 

2. Pour ne pas oublier, avec We Call It Love de Denis Mpunga l’horreur du génocide rwandais.

  3. Pour pe(/a)nser la migration, exode, errance, frontière, accueil, refus avec Titre provisoire de Chrystèle Khodr et Waël Ali, dramaturge syrien exilé en France. 

4. Et enfin rendre justice aux femmes avec Zig Zig de Leila Soliman et Mujer vertical d’Éric Massé.

Sens interdits, du 19 octobre au 29 octobre à Lyon

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Été 1975, Thierry Voeltzel, parfait inconnu tente de rejoindre Caen en stop. Michel Foucault, qui vient de publier Surveiller et punir, s’arrête. Naît alors une amitié, une aventure et une série d’entretiens sur la jeunesse, la sexualité, l’amour, les drogues, la famille, le travail... Dans son adaptation, Letzlove Portrait(s) Foucault, Pierre Maillet joue d’un dispositif épuré et foucaldien pour dialoguer avec le jeune comédien Maurin Olles – de l’âge de Voeltzel : on se fait élèves passionnés. Les 19 et 20 octobre à la Comédie de Saint-Étienne.

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Avec Conjurer la peur, Gaëlle Bourges poursuit son exploration chorégraphique de l’histoire de l’art. Après la tapisserie de La Dame à la licorne (À mon seul désir) et Lascaux, elle tourne son regard vers la fresque Allégorie et les effets du bon et du mauvais gouvernement, brillamment étudiée par Patrick Boucheron. L’image était un langage, dont surgissent désormais d’autres images, en mouvement. Les 17 et 18 octobre à la Comédie de Valence. 

 

 

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C’est la fascination pour le maître buto Hijikata qui a inspiré au chorégraphe brésilien Marcelo Evelin sa nouvelle création. Avec et à partir de cette figure, il s’interroge : Ne faudrait-il pas considérer la danse comme une maladie ? La souffrance et la danse ont ceci en commun : exiger de nous une attention aiguë à ce corps que l’on a tendance à délaisser ou prendre pour acquis. Dança Doente, du 19 au 23 octobre au T2G, Gennevilliers.

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FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM

du 16 au 22 octobre à La Roche-sur-Yon

Pas de monomanie qui tienne en matière cinématographique : cette année, le « maître » du polar hongkongais Johnnie To et son huis-clos explosif en milieu hospitalier (Three) donne la réplique au Hollywood lynchéen et criminel d’Aaron Katz (Gemini). L’amour naissant entre un adolescent et un jeune universitaire (Call Me By Your Name de Luca Guadagnino) laisse place à la passion créatrice de Steven Patrick Morrissey, avant qu’il ne conquière la scène internationale avec son groupe The Smiths (Steven before Morrissey de Mark Gill).

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ALAIN BUFFARD

Temps fort, du 17 au 20 octobre au théâtre de Nîmes

Cet automne, la remise en piste de trois pièces d’Alain Buffard sonne l’alerte d’un impératif mémoriel. Emporté il y a deux ans par le versatile spectre du Sida, ce Good Boy qui se joue du Mauvais genre, s’est employé à détricoter le cocon dans lequel la société postcoloniale et hétéronormée nous a longtemps endormis. Les Inconsolés, tour à tour victimes et bourreaux, s’arment de masques pour mixer Goethe avec l’entêtante comptine « promenons-nous dans les bois », à la lisière de l’enfance et de la transe. Allez-y avant qu’il ne soit trop tard car l’insolence du geste d’Alain Buffard – qui peut heurter les sensibilités nous avertit-on – vous offrira du grain à moudre.

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GUINTCHE & BACCHANTES

de Marlene Monteiro Freitas, du 16 au 19 octobre à la Maison Cantonale et au TnBA, Bordeaux

Roulant des yeux exorbités, la bouche fermée et déformée par des morceaux de plastique, Marlene Monteiro Freitas sculpte autant qu’elle danse. Avec Guintche, elle défait, tord, gonfle et sature son corps, exploitant la moindre possibilité de son anatomie. Débordante, elle s’attaque à la fable d’Euripide dans Bacchantes, collage vivant et hétéroclite, à l’image de son auteure.

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Comment agir le plus justement possible, pour soi et pour les autres ? Comment faire au mieux en partant de cet humble objectif ? Incarnés par ses comédiens fétiches, les personnages de Pauline Sales confrontent leurs routes et leurs tentatives de vivre au plus près de ce en quoi ils croient, du 17 au 20 octobre au Théâtre Dijon Bourgogne avec J’ai bien fait ?

 

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Le Pays basque comme terre d’accueil ? Invité en résidence par le musicien Kristof Hiriart à La Bastide-Clairence, le metteur en scène et performeur Massimo Furlan a imaginé, avec les habitants, une fresque sur la notion d’hospitalité. Sur scène, huit villageois racontent leur parcours et lisent des textes qui résonnent avec cette question, si cruciale aujourd’hui. Hospitalités, les 22 et 23 octobre au Théâtre nouvelle génération, Lyon (festival Sens interdit).

 

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ET ENCORE 

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4 bonnes raisons… DE VOIR CERVANTINO

1. Car la France est à l’honneur, on retrouvera Pascal Rambert avec sa Clôture de l’amour, Joël Pommerat avec Ça ira (1) Fin de Louis ou encore la cie Porte27 et sa conférence acrobatique Chute!.

2. Pour découvrir des spectacles qui secouent, dont Still Life, sur les drames engendrés par l’homophobie ambiante, de la compagnie italienne Ricci/Forte au théâtre plastique et visuel.

3. Pour ressentir une effervescence politique rare avec « Revoluciones Off », programmation dédiée aux compagnies indépendantes mexicaines mobilisées sur ladite thématique (Teatro entre 2, Teatro bola de carne, etc.)

 

Festival international de Cervantino, du 11 au 29 octobre à Guanajuato, Mexique

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Le collectif Encyclopédie de la parole poursuit son épopée dans l’oralité : Blablabla, comme une matière dense et composite qui remplit la bouche sans discontinuer. Joris Lacoste s’engage à la pétrir, Emmanuelle Lafon à la formaliser sur scène, Armelle Dousset à lui donner corps. Une création à percevoir du 13 au 29 octobre au Théâtre Paris-Villette.

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BIENNALE DE LA DANSE

du 5 octobre au 5 décembre dans la région Grand Est

Prêts pour une grande expédition chorégraphique ? Le voyage commence avec un check-up complet de l’état du monde avec Bien sûr les choses tournent mal de Frank Micheletti. Si vous avez opté pour la navigation, n’ayez pas peur du vide car vous atterrirez dans un bain de foule orchestré par Gisèle Vienne. Avec une paire de jumelles, à la recherche d’oiseaux rares, direction le Luxembourg pour découvrir les danses encore préservées du Grec Andrea Rama.

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FESTIVAL INTERNATIONAL DES ARTS DE BORDEAUX

du 5 au 25 octobre

Après une première édition pour le moins concluante, le FAB poursuit sur sa lancée avec une programmation bien accordée au présent. Construite autour de deux thématiques fortes, celle des frontières et un focus France-Argentine, la programmation esquisse courageusement les contours des questions qui dérangent. Avec Talos, Arkadi Zaides épingle l’UE et dresse une chorégraphie aux frontières, l’Agrupacion Señor Serrano confronte capitalisme et humanisme, tandis que Carly Wijs repense le subjectif face au drame collectif. Et finalement, que peut l’art ? Quelques éléments de réponse seront sans doute à glaner dans Actions de Yan Duyvendak, Nicolas Cilins et Nataly Sugnaux.

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DES TOILES DANS LA VILLE

du 21 septembre au 17 décembre à Tournai, Lille et sa métropole

Dans toute la région lilloise, une émulsion circassienne s’évertue à réinjecter poésie et chaleur humaine dans les âmes et dans les rangs. Un soir chez Boris (Olivier Debelhoir) met du baume au cœur, pendant que Le Dedans des choses (cie La Fabrique - Nadia Ghadanfar) et Ouïe de Ludor Citrik & Pollu prêtent l’oreille au seul moment qui nous lie. Accalmie sensible avant la tempête comique, insufflée par More Aura de Véronique Tuaillon et Dad is dead des Mathieu ma fille Foundation. 

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FESTIVAL D’AUTOMNE

du 13 septembre au 31 décembre à Paris

Manuel de survie à l’attention des spectateurs.

1. Se laisser guider par le ciel : la comète éruptive Vincent Macaigne brûle ses rêves d’adolescent (En manque, et Je suis un pays) ; la dérangeante constellation du plasticien et réalisateur Harmony Korine est exposée à Pompidou ; la mystérieuse éclipse de lune de Romeo Castellucci part aux origines de la démocratie.

2. Prendre les tabous à bras-le-corps : Dorothée Munyaneza (Unwanted) et Laila Soliman (Zig Zig) se demandent ce que la guerre fait au corps des femmes.

3. Faire confiance à la nuit : en allant cluber avec Gisèle Vienne (Crowd).

 

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C'EST BIENTÔT LA FIN

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Il y a tout juste un siècle, un groupe de villageoises égyptiennes décidait de ne pas se taire devant ses violeurs. En s’emparant de ce fait historique, Laila Soliman redonne corps à ces voix du courage et de la dignité, et signe avec Zig zig une occasion nouvelle de repenser le sujet. Du 12 au 21 octobre au Nouveau théâtre de Montreuil.

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DISTINGUISHED HITS (1991-2000)

de La Ribot, du 11 au 22 octobre à l’ADC, Genève

La Ribot, performeuse aux cheveux rouges et icone de l’art performatif, présente à l’ADC dix de ses plus importantes performances. D’un effeuillage burlesque à un auto-body painting en passant par des séries de poses, l’Espagnole enrichit, depuis 1991, un répertoire de « Pièces distinguées ». Limitée à sept minutes, chacune explore avec humour et dans une certaine pauvreté de moyens, les thématiques liées au corps. Nu, en l’occurrence.

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FRAGMENT(S)

du 6 au 21 octobre à Paris

Imaginé par La Loge et Mains d'œuvres, lieux parisiens emblématiques de l’émergence, le festival Fragments présente des spectacles encore en chantier et nous plonge dans les méandres de cerveaux artistiques en recherche : À partir d’une histoire de selfie pris à Auschwitz, la cie Les Yeux creux explore le « Shitstorm ». France 98 retrace la saga bleue de la coupe du monde comme une épopée antique. La cie LTDH emmerde (en souriant et avec tendresse) les fantasmes transhumanistes.